Un studio peut-il se passer de super-héros aujourd'hui ?

Un studio peut-il se passer de super-héros aujourd'hui ?©The Walt Disney Company France, DR
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Hawoly Ba, publié le 20 septembre

Avengers, Batman, Superman, Spider-Man : difficile de passer à côté des super-héros aujourd'hui. Se souvient-on même de l'époque où le genre n'était que rareté sur le grand écran ? Les anciennes générations peut-être, mais c'est un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Il faut dire que les hommes et femmes capés ou masqués ont le vent en poupe depuis une dizaine d'années et les plannings des différentes majors sont là pour nous rappeler que la tendance risque de continuer encore un bon moment. Mais s'il est souvent gage de succès, le genre du super-héros est-il la seule alternative ?


Une histoire de gros sous

Disney possède Marvel et sa ribambelle de surhommes, Warner lui tient tête grâce à sa branche DC Comics, la Fox renfloue les caisses avec les X-Men, sans oublier la Paramount qui jusqu'en 2010, date à laquelle le studio a cédé ses droits sur les films Marvel, faisait partie de la grande famille des super-héros. À eux quatre, les studios ont empoché des sommes folles, des milliards plus exactement. Les deux volets d'Avengers ainsi qu'Iron Man 3 ont d'ailleurs tous les trois fini avec des recettes à dix chiffres, tout comme l'on fait les deux derniers opus de la trilogie du Dark Knight de Christopher Nolan. En somme, le genre, on ne vous l'apprend pas, est quasi-systématiquement gage de performance au box-office, même pour les titres les moins connus. En témoigne Les Gardiens de la Galaxie,qui n'avait pourtant pas été testé auprès du public avant 2014, et qui s'en est sorti avec plus 770 millions de dollars dans le monde. À l'inverse, des franchises plus anciennes ont connu leur plus grand succès récemment, à l'instar de X-Men : Days of Future Past, dont les recettes avoisinent celles des Gardiens.


Des éternels insatisfaits

Mais il ne faut pas croire que ce succès soit automatique. On l'a vu cette année avec Ant-Man, qui n'a toujours pas dépassé les 400 millions, bien que cela reste un chiffre particulièrement juteux. Cependant, même en cas d'apport de grosses sommes, un film peut être considéré comme un échec. Ce fut le cas du dernier volet de The Amazing Spider-Man, qui a amassé plus de 700 millions de billets verts à l'international, mais qui n'a pas répondu aux attentes de Sony qui a injecté pas mal d'argent dans le budget. On apprenait aussi récemment que Marvel n'avait pas été complètement satisfait des recettes de L'ère d'Ultron (1,4 milliard de dollars) en raison, encore une fois, de la part de bénéfice amoindri par les chiffres internationaux (les cinémas étrangers prennent plus d'argent sur le ticket), les salaires des acteurs ou encore par la promotion du film. Vous l'aurez compris, de nombreux facteurs entrent en jeu dès lors qu'il est question d'une grosse production, et cela n'est pas uniquement valable pour le genre du super-héros.


Le succès inattendu d'Universal

Cette année, la cinquième Major hollywoodienne a redistribué les cartes. Universal trône en effet au sommet du box-office grâce à ses différentes productions parmi lesquelles ne figure... aucun film de super-héros. Jurassic Worldest pour le moment le plus gros succès de l'année avec 1,6 milliard de dollars ajoutés à la caisse du studio, Les Minions et Fast & Furious 7 ont également dépassé les dix chiffres, Cinquante nuances de Grey, Straight Outta Compton et Pitch Perfect 2 ont également bien contribué à cet état de fait impressionnant. Trois des films du top 5 de 2015 sont estampillés Universal sans que ce dernier n'ait eu besoin de bâtir une franchise, un univers partagé, ou de racheter les droits sur une adaptation de comic-book. Évidemment, pour le moment, Universal peut souffler, du moins jusqu'en décembre où la sortie de Star Wars 7 devrait remettre la balle dans le camp de Disney, mais ce succès phénoménal que connaît le studio remet les choses en perspective.

Les super-héros sont-ils en train de perdre du terrain ? Il y a quelques jours, Steven Spielberg leur prédisait une fin comme les westerns l'ont connue. Peut-être a-t-il raison ou peut-être pas, mais on ne peut pas encore parler de déliquescence du genre quand on constate que la guerre Marvel/DC continue de générer d'énormes chiffres, et fera encore sans doute des émules au vu du programme. Car, sans représenter les studios comme les grands méchants loups de l'histoire, leur but premier est de faire du profit grâce aux tickets, mais aussi au merchandising et possibles suites. Et temps que cela marchera, le public y aura droit.

 
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