Mathieu Amalric : "Le dernier pays où il y aura du cinéma, ce sera la France !"

Mathieu Amalric : "Le dernier pays où il y aura du cinéma, ce sera la France !"©Charles Paulicevich/Arte France, DR

, publié le 4 mai

En pleine promotion de sa nouvelle série "L'agent immobilier" avec Eddy Mitchell, à partir du 7 mai 2020 sur Arte, Mathieu Amalric s'est prêté à quelques confidences pour Paris Match, paru jeudi 30 avril.

Pour Arte, l'acteur et réalisateur Mathieu Amalric retourne sur le petit écran avec une oeuvre en quatre épisodes "ionesciens", où "le burlesque devient bouleversant", alors que la cinquième saison du "Bureau des Légendes" est diffusée sur Canal+ : "Le rôle de JJA (son personnage dans BDL, nldr) est un cadeau, Éric Rochant l'a rendu plausible en mêlant son amour pour John le Carré à cette frontière infirme entre le sens du devoir et folie." Pour le couple israélien, Shira Geffen et Etgar Keret, le comédien s'est imposé la même intransigeance : "J'essaie d'être au niveau d'exigence des gens avec lesquels je collabore : ma seule méthode, c'est de beaucoup travailler. Passé cette préparation, je peux me laisser aller à l'improvisation, une espèce d'état animal que je tente de retrouver quand je réalise. Je fais l'acteur sinon je fabrique mes propres films : c'est ça, ma vie." Interrogé sur l'état actuel du cinéma français, l'homme de 54 ans n'a pas hésité à se positionner sur des sujets houleux.

"Regarder trois trucs sur des écrans différents. Quelque part, c'est du Godard !"

Questionné sur l'éternelle guerre cinéma/séries, l'artiste s'est laissé aller à une digression évoquant les conséquences du confinement : "Mais le cinéma est moribond depuis qu'il existe ! Les séries n'ont fait que modifier la narration en revenant vers quelque chose qui s'apparente au feuilleton du XIXe siècle. Le Festival de Cannes qui n'aura pas lieu, ça n'est pas grave non plus. Ce qui est un combat, c'est le financement du cinéma français : il faut qu'on le préserve. Le dernier pays où il y aura du cinéma, ce sera la France !"

Puis Paris Match a enchaîné avec la controverse des plateformes streaming, accusées de faire du tort aux salles. Pour Mathieu Amalric, Netflix et compagnie ne sont pas des menaces : "Le cinéma mute continuellement. L'idée qu'il a eu une pureté originelle et que c'était mieux avant n'est pas très intéressante... Déjà, dans l'Antiquité, les gens disaient : 'Les jeunes d'aujourd'hui, c'est la cata !' Il suffit de lire Platon pour s'en rendre compte. J'ai trois garçons de 22, 20 et 12 ans. Ils sont capables de regarder trois trucs à la fois sur des écrans différents. Quelque part, c'est du Godard !"

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