Grâce à Dieu : une femme jugée dans l'affaire refuse d'être citée dans le film

Grâce à Dieu : une femme jugée dans l'affaire refuse d'être citée dans le film©Mars Films, DR

Marine de Guilhermier, publié le 1 février

Régine Maire, une laïque bénévole du diocèse de Lyon jugée au mois de janvier 2019 pour non-dénonciation d'agressions sexuelles au côté du cardinal Barbarin dans l'affaire Preynat, a mis en demeure François Ozon pour que son nom soit retiré de "Grâce à Dieu", film qui retrace cette affaire.

Tourné dans le plus grand secret, "Grâce à Dieu", qui s'intéresse aux victimes du père Preynat - accusé d'avoir agressé sexuellement plus de 70 scouts dans les années 1980 et 1990 et dont le procès se tiendra cette année -, doit sortir le 20 février prochain. Et alors que son avocat avait déjà demandé le report du long-métrage pour ne pas influencer son procès, c'est désormais au tour de Régine Maire, une bénévole de l'Église qui avait reçu l'une de ses victimes en 2014 et qui vient d'être jugée pour non-dénonciation d'agressions sexuelles (le délibéré est prévu le 7 mars), de faire une demande à François Ozon.

Le nom de la discorde

Via son avocat, cette dernière a mis en demeure le réalisateur, le mardi 29 janvier, pour que celui-ci enlève son nom de "Grâce à Dieu". Car si les noms des victimes ont été changés dans le film, le sien est clairement cité (son personnage est joué par Martine Erhel). "Il n'est pas normal que son nom apparaisse dans un film grand public alors qu'elle n'a pas donné son accord ni même jamais été contactée. Régine Maire a droit à la tranquillité publique et au respect de sa vie privée. Qu'ils changent la bande-son", a indiqué Me Xavier Vahramian à La Croix.

De son côté, François Ozon a déclaré au quotidien : "À un moment de l'écriture, je me suis posé la question, puisqu'il s'agissait d'une fiction, de modifier les noms, les lieux. Mais tout ce que je racontais avait déjà été évoqué très précisément dans la presse. Cela aurait été hypocrite. Le père Preynat a tout avoué et ce serait ridicule d'appeler Barbarin, le cardinal Baratin. Régine Maire aussi a témoigné. J'avais ses mails. Tout ce qu'elle dit dans le film, c'est ce qu'elle a réellement dit, je n'invente rien. J'ai utilisé un matériel existant." Le cinéaste ne semble donc pas prêt à vouloir modifier son film.

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