Adèle Haenel militante : elle ne veut pas "contribuer à un cinéma" d'oppression

Adèle Haenel militante : elle ne veut pas "contribuer à un cinéma" d'oppression©BORDE-JACOVIDES - Adèle Haenel lors du photocall de la 45ème cérémonie des César à la salle Pleyel à Paris, le 28 février 2020., BestImage

, publié le 15 juillet

Adèle Haenel a fait son grand retour à Cannes avec le documentaire "Retour à Reims" de Jean-Gabriel Périot, dont elle est la voix off. Pour l'occasion, elle a accordé une interview au journal Le Parisien, mercredi 14 juillet 2021. La comédienne s'est confiée sur ses engagements et son militantisme qu'elle fait vivre au coeur de son cinéma.

"Portrait de la jeune fille en feu" de Céline Sciamma (2019) est le dernier film dans lequel on a pu voir Adèle Haenel au cinéma. Avec "Retour à Reims", le documentaire de Jean-Gabriel Périot dans lequel elle signe la voix off, la comédienne est de nouveau sous les feux des projecteurs. Le film, qui sera diffusé sur Arte cet automne et sortira au cinéma début 2022, met en lumière la classe ouvrière en France. Il remet en question sa place, en montrant que délaissée par les partis de gauche et notamment le Parti Communiste, elle s'est alliée aux thèses du Front National. Une occasion qui ne se loupe pas pour Le Parisien, qui s'est entretenu mercredi 14 juillet avec l'actrice et plus particulièrement avec la militante qu'est Adèle Haenel. L'interprète de "Les Combattantes" est catégorique : "Le cinéma fait, de tout façon, de la politique : il est utilisé de manière massive dans la propagande. La question, c'est est-ce qu'on utilise le cinéma pour justifier l'ordre en place ou pour le contester ?"

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Adèle Haenel concilie art et politique

Celle qui n'a pas hésité à quitter les César en 2020, en protestant contre l'attribution du César du Meilleur réalisateur à Roman Polanski pour son film "J'accuse", grand favori de la soirée avec douze nominations, n'a pas caché son militantisme : "Oui, ça prend beaucoup de place et ça a créé aussi des rencontres formidables. Mon engagement politique change aussi ce que je vais chercher dans l'art : les deux ne sont pas étanches." Adèle Haenel va encore plus loin, en apportant son côté militante dans des films non politiques : "J'ai toujours fait ça, même dans des films pas officiellement politiques. Je ne peux pas lutter pour que toutes les vies soient respectées et contribuer à un cinéma qui participe à l'oppression." Est-ce un avertissement pour les réalisateurs qui comptent travailler avec elle ?

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