On a vu, on a aimé : Victoria, l'ovni cinématographique de Sebastian Schipper

On a vu, on a aimé : Victoria, l'ovni cinématographique de Sebastian Schipper©DR
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Pauline Julien, publié le 2 juillet

En marge des très attendus Terminator : Genisys et Les Profs 2, sortait ce mercredi Victoria, un thriller allemand à petit budget signé Sebastian Schipper et dont vous pourriez bien ne pas ressortir indemne. C'est notre coup de coeur de la semaine.

5h42. Berlin. Sortie de boîte de nuit, Victoria, Espagnole fraîchement débarquée, rencontre Sonne et son groupe de potes. Emportée par la fête et l'alcool, elle décide de les suivre dans leur virée nocturne. Elle réalise soudain que la soirée est en train de sérieusement déraper...

Tourné en un unique plan séquence de 2h14, Victoria n'a rien d'un film classique. Reposant en grande partie sur le travail d'improvisation de ses acteurs (un scénario d'une petite douzaine de pages seulement leur a été donné), le quatrième long-métrage de Sebastian Schipper nous offre une plongée en apnée en temps réel dans un Berlin nocturne et frénétique.

La sublime scène d'ouverture suffit à installer le spectateur dans l'atmosphère trouble du film, qui oscille entre une sensation de liberté à toute épreuve et une tension latente qui ne cessera de gagner en puissance au fil du récit. Traitant tout aussi bien de l'amour que de l'amitié ou de la jeunesse, Victoria opère un virage brutal à la fin de son premier tiers et bascule dans une dimension plus sombre, plus dramatique, sans perdre pour autant son ivresse désinvolte du début. Et derrière la fragilité, voire la naïveté apparente de l'héroïne, se révèle peu à peu une femme forte, dont le dépassement de soi impressionne autant que la maîtrise du jeu de son actrice.

À la fois conte tragique et odyssée initiatique, Victoria frappe avant tout par sa forme, qui nous positionne comme véritable ombre du personnage - joué par l'excellente Laia Costa - avec un réalisme total, mais aussi par sa manière de bouleverser les codes et nos émotions. Le tout se révèle finalement être une expérience cinématographique unique, où le cinéaste passe d'un genre à l'autre avec une aisance rare.

Darren Aronofsky, président du jury de la dernière Berlinale, est resté scotché face à Victoria, qu'il a qualifié de "film qui renversera le monde". Après avoir raflé la plupart des statuettes les plus prestigieuses du cinéma allemand (l'équivalent de nos César) il y a quinze jours, le thriller coup de poing de Sebastian Schipper débarque chez nous. À ne rater sous aucun prétexte.

 
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