Lisa Azuelos : "Une Rencontre mêle Inception, Wong Kar-Wai et Claude Sautet"

Lisa Azuelos : "Une Rencontre mêle Inception, Wong Kar-Wai et Claude Sautet"

Lisa Azuelos

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publié le 21 avril

Cinq ans après le succès public et critique de Lol (laughing out loud), Lisa Azuelos dirige une nouvelle fois Sophie Marceau dans Une Rencontre , romance envoûtante également portée par François Cluzet . Elsa, écrivain, et Pierre, avocat, se croisent lors de la soirée de clôture d'un salon du livre et tombent sous le charme l'un de l'autre. Sauf que Pierre est marié depuis quinze ans et heureux dans son couple. À l'occasion de la sortie du film, ce mercredi 23 avril, nous avons eu le plaisir de rencontrer Lisa Azuelos, scénariste, réalisatrice et interprète du film, qui a accepté de nous en dire un peu plus sur la genèse du projet. 

L'alchimie entre Sophie Marceau et François Cluzet est incroyable à l'écran. Avez-vous écrit le scénario d'Une Rencontre en pensant à eux ?Oui, j'avais envie de ce couple improbable, qui ne s'était jamais rencontré. Ça permettait d'offrir une vraie rencontre et pour le public et pour l'histoire. Je trouvais cette rencontre intéressante.

François Cluzet incarne ici un héros romantique, rôle dans lequel nous n'avons pas l'habitude de le voir. Pourquoi avoir pensé à lui ?C'est le hasard de la vie. Je ne sais pas pourquoi mais ça m'a sauté aux yeux : François était LA bonne personne pour incarner ce personnage. C'est quelqu'un qui n'a pas peur d'aller au devant des femmes et d'aimer. C'est un être humain formidable qui je pense, peut plus facilement aimer que d'autres acteurs.

Était-il surpris que vous lui proposiez un tel rôle ?Oui, il était très surpris, il m'a dit : "Mais pourquoi moi ?" Je lui ai répondu : "Je ne sais pas, mais je le sens !" C'est aussi un métier d'instinct...

L'instinct justement, c'est aussi ce qui vous a poussé à entrer dans le rôle d'Anne...Oui, c'est vrai. Tout le monde me disait : "Mais non, tu ne peux pas faire ça, c'est pas possible, tu vas mettre ton film en danger. Tu n'as jamais joué, ça va être nul, arrête, c'est un grand rôle, etc..." Et puis, par instinct, je savais que c'était moi qui devais le faire.

Et quel regard avez-vous eu, en tant que réalisatrice chevronnée, sur l'actrice débutante que vous êtes ? N'avez-vous pas été trop critique envers vous-même ? Comment avez-vous réussi à trouver la bonne distance ?C'est bizarre en fait mais j'ai toujours trouvé la distance nécessaire. D'ailleurs, je ne m'y attendais pas, je pensais que ça me ferait souffrir de me voir au combo, ou au contraire qu'il ne fallait pas que je m'y vois, ou que je m'y vois beaucoup pour corriger, et vraiment, ça s'est fait facilement. C'est très étrange, j'ai fait ce truc là très facilement alors que je m'en faisais une montagne ! 

N'était-ce pas difficile pour vous d'interpréter ce rôle étant donné qu'Une Rencontre s'inspire beaucoup de votre propre expérience ?J'ai été mariée pendant dix ans, donc c'est vrai que je savais de quoi je parlais. Mais non, ce n'était pas dur, ça m'a même fait du bien parce que j'étais célibataire depuis dix ans, et du coup, de me retrouver dans un couple qui s'entend bien, j'ai trouvé ça super agréable et ça m'a fait du bien, c'était une bonne thérapie pour moi de me dire "en fait, ça peut être bien aussi à deux".

Quels ont été vos films références pour travailler sur Une Rencontre ?À la fois les films de Claude Sautet, Inception [de Christopher Nolan, ndlr] et Wong Kar-Wai pour My Blueberry Nights.

On parlait de vous en tant qu'actrice. Pourriez-vous vous imaginer jouer pour quelqu'un d'autre ? Ça dépend du quelqu'un d'autre. Jouer, c'est à peu près aussi intime que de faire l'amour donc je suis ok pour être multi-partenaires (rires), pourquoi pas, mais il faut quand même qu'il y ait une vraie confiance. Et j'ai un peu peur de donner ça à quelqu'un en fait.

Comment avez-vous découvert cette notion de "l'amour quantique" qui est au cœur du film ?Je m'intéresse beaucoup à toutes les questions de mondes parallèles, de recherches sur le cerveau - qui sont de plus en plus impressionnantes aujourd'hui avec le développement d'intelligences artificielles - et tout ce qu'on découvre en médecine quantique... J'ai toujours entendu parler de physique quantique parce que mon père était chercheur et quand je vois ce qui est en train de se découvrir, ça correspond tellement à ce en quoi je crois que j'avais envie de m'y intéresser. Je sens bien que l'amour n'est pas forcément dans un "one to one" exclusif, c'est pas ça l'amour. L'amour, c'est une dimension éternelle. Quand les religions parlent d'amour, c'est comme un remède ou un médicament. C'est tellement puissant que ça ne peut pas être le si petit truc qu'on croit que c'est. Et cette multi-dimensionnalité là, c'est ça que j'avais envie d'exprimer avec ce film.

Et c'est justement en approfondissant cette notion d'amour quantique que vous est venue l'idée d'Une Rencontre ?Oui, entre autres. J'aime bien l'idée de jouer avec la réalité, la fiction, le cerveau, ce qu'on s'imagine, ce qui existe vraiment. Peut-être qu'en fait ce qu'on s'imagine ou ce qu'on a rêvé qui allait arriver, c'est déjà arrivé ou ça va arriver après. Est-ce qu'on crée sa réalité ? Si oui, comment ? Toutes ces questions là me fascinent.

C'est votre deuxième collaboration avec Sophie Marceau. Jamais deux sans trois ?J'aimerais beaucoup la retrouver encore. Je l'adore.

Avez-vous déjà des projets ?Pas pour l'instant.

Propos recueillis par Pauline Julien
Crédit photo : DR

 
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