La Vie est belle : retour sur le conte de Noël intemporel de Frank Capra

La Vie est belle : retour sur le conte de Noël intemporel de Frank Capra©Swashbuckler Films, DR
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Pauline Julien, publié le 25 décembre

Le décès de son père oblige un homme à reprendre l'entreprise familiale de prêts à la construction, qui permet aux plus déshérités de se loger. Il entre en conflit avec l'homme le plus riche de la ville, qui tente de ruiner ses efforts. Au moment où il approche de la victoire, il égare les 8.000 dollars qu'il devait déposer en banque. Le soir de Noël, désespéré, il songe au suicide. C'est alors que le Ciel dépêche à ses côtés un ange de seconde classe, qui pour gagner ses ailes, devra l'aider à sortir de cette mauvaise passe...

Tel est le synopsis de l'un des contes de Noël les plus emblématiques du septième art : La Vie est belle de Frank Capra. Portée par James Stewart et Donna Reed, cette fable humaniste est pour beaucoup considérée comme le plus grand chef-d'oeuvre de son auteur. Pourtant, à sa sortie sur le sol US en 1946, le film fut un échec commercial retentissant, lynché par la critique et boudé du public, qui semble alors en vouloir à James Stewart de s'être absenté des plateaux de tournage depuis cinq ans.

Bien avant sa sortie en salles, déjà, les choses n'ont pas été de tout repos notamment durant la phase de production. Premier long-métrage étiqueté Liberty Films, la société fondée par un Frank Capra las des gros studios hollywoodiens, La Vie est belle aurait en effet pu avoir un tout autre casting et ainsi ne jamais nous offrir l'une des meilleures prestations de la carrière de James Stewart. C'est Cary Grant qui avait d'abord été retenu pour jouer le personnage de George Bailey, avant que Capra ne parvienne finalement à imposer James Stewart dans le rôle, qu'il avait déjà dirigé dans Mr. Smith au Sénat. Idem concernant la partition dévolue à Donna Reed. C'est grâce à son homologue masculin que la comédienne a été choisie pour camper Mary Hatch, tandis que le cinéaste lui préférait au départ des comédiennes comme Jean Arthur ou Ginger Rogers, qui ont par ailleurs toutes deux refusé le rôle.

Enfin, La Vie est belle fut l'occasion d'une violente dispute entre Frank Capra et John Wayne. Ce dernier a ainsi exigé du cinéaste qu'il vire certains des acteurs engagés parce qu'ils étaient supposés communistes. Une requête à laquelle a clairement refusé de répondre Frank Capra, scellant au passage une rupture nette avec la star du western. Néanmoins, et malgré tous ces obstacles, le long-métrage fut rapidement réhabilité par la profession, qui récompensa Capra du Golden Globe du meilleur réalisateur en 1947 et le fit concourir pour l'Oscar du meilleur film. Il a toutefois fallu attendre plusieurs rediffusions à la télévision avant que le film ne s'attire les faveurs du public pour devenir le classique de Noël qu'il est aujourd'hui.

Finalement, Capra écrit à propos de son oeuvre dans son autobiographie : "La Vie est belle n'était fait ni pour les critiques blasés, ni pour les intellectuels fatigués. C'était mon type de film pour les gens que j'aime. Un film pour ceux qui se sentent las, abattus et découragés. Un film pour les alcooliques, les drogués et les prostituées, pour ceux qui sont derrière les murs d'une prison ou des rideaux de fer. Un film pour leur dire qu'aucun homme n'est un raté". Une belle manière de décrire ce conte de Noël intemporel et universel, qu'on ne peut que vous conseiller de (re)voir en famille à l'occasion des fêtes de fin d'année.

 
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