EXCLU - Giancarlo Esposito : "J'ai refusé 3 fois Breaking Bad avant d'accepter"

EXCLU - Giancarlo Esposito : "J'ai refusé 3 fois Breaking Bad avant d'accepter"©Jason LaVeris/FilmMagic, Getty Images
A lire aussi

Marine de Guilhermier, publié le 20 avril

Ce week-end nous nous sommes rendus au Paris Comics Expo où nous avons eu la chance de pouvoir rencontrer l'acteur Giancarlo Esposito, connu notamment pour son rôle du terrible Gus dans Breaking Bad. Nous avons pu évoquer avec lui son actualité très riche. Morceaux choisis.

Orange : Vous êtes la voix du loup Akela dans Le livre de la jungle, actuellement en salles. Que pensez-vous du travail de Jon Favreau sur le film ?

Giancarlo Esposito : J'ai travaillé (avec lui) sur une série télévisée appelée Revolution, c'est un très bon réalisateur. Il a réussi à apporter beaucoup des sensations du classique Disney dans le film. Cette nouvelle version est beaucoup plus sombre que l'ancienne, ce n'est pas qu'une comédie, il y a également des moments sérieux mais c'est aussi une comédie musicale. Il a vraiment compris la littérature de l'auteur Rudyard Kipling.

Avez-vous fait un travail de motion capture pour le film ?

Il n'y avait pas de motion capture dans le film mais Jon a géré les sessions d'enregistrement d'une façon très intéressante. Il a installé des caméras et m'a filmé dans la pièce sous trois angles différents pendant que je faisais la voix donc il a pu capturer certaines de mes expressions faciales qu'il a pu mixer avec la création du loup qu'il était en train de faire pour qu'il me ressemble.

Votre partenaire sur Le Labyrinthe 3, Dylan O'Brien a été victime d'un accident sur le tournage, comment va-t-il aujourd'hui ?

Il va mieux. Il a été sévèrement blessé et a eu des très mauvaises contusions et fractures au niveau du visage mais il a été opéré et il se remet. On doit reprendre le tournage le 15 mai.

Connaissiez-vous les livres Labyrinthe avant d'être engagé pour jouer dans le deuxième opus, La Terre brûlée ?

Oui, je connaissais les livres parce que ma fille de 15 ans, Syrlucia, avait lu les six et les avait beaucoup aimés. Un jour, j'étais au cinéma avec ma plus jeune fille qui vit avec moi au Texas et il y avait une affiche pour Le Labyrinthe. J'ai dit "ça a l'air très intéressant", elle a répondu "ce sont les livres préférés de Syrlucia" et j'ai dit "oh, on devrait aller le voir ce weekend". Vendredi arriva, on est allés le voir et j'ai adoré le film. Le lundi, j'ai reçu un appel me disant "il y a cette nouvelle série de films qui a très bien marché, le réalisateur va en faire un autre et il veut te rencontrer pour un rôle". Quel hasard ! Donc j'ai fait le film pour ma fille de 15 ans.

Dans votre actualité il y a aussi la série Netflix The Get Down attendue pour le 12 août en France. Qu'est-ce qui vous a attiré dans cette série ?

J'ai fait cette série car les années 1978-1979 étaient une période incroyable dans l'histoire de New York. Abe Beame était le maire, Koach essayait d'être prochain maire et la ville était en faillite. Et ce qui est sorti de cette faillite, c'est que le grand Studio 54 est apparu, Donna Summer est devenue un hit, le rap a commencé. C'était une façon pour les gens de s'exprimer dans une ville qui tombait en ruine. C'est Baz Luhrman [ndlr : le créateur de la série] qui m'a convaincu de jouer le père du personnage principal. J'adorais le fait que ce soit une série d'époque et je voulais travailler avec Baz. Qui ne le voudrait pas ?

Vous jouez régulièrement des méchants à la télévision, notamment dans Breaking Bad et Revolution. Vous sentez-vous cantonné à ce genre de rôles ?

Non, parce que je joue des gentils aussi. J'ai l'impression d'avoir joué le personnage le plus méchant de tous les temps dans Breaking Bad et c'est la raison pour laquelle les gens l'aimaient tant. Je n'aime pas utiliser ce mot "méchant" avec lui parce que c'était quelqu'un qui tenait à sa famille d'employés et qui était très poli et très aimable mais aussi cruel. J'ai créé un nouveau genre de méchant qui est quelqu'un à qui on peut presque faire confiance, ce qui le rendait très différent. Dans Revolution, je pense que le personnage de Tom Neville était encore plus vil que Gus Fring parce qu'il se devait d'être un survivant et pour être un survivant vous êtes toujours très vigilant et tendu. Il aurait fait n'importe quoi pour survivre donc c'est un méchant un peu plus hors de contrôle. Mais à l'opposé de ces deux rôles, pour vous donner un exemple d'autres personnages que j'ai joués qui semblent être des méchants mais ne le sont pas et sont en fait des gens vraiment sympas : Le Labyrinthe. Le personnage de Jorge est vraiment quelqu'un de bien alors que quand on le rencontre pour la première fois, on ne pense pas qu'il va l'être.

Vous avez récemment réalisé un film, This Is Your Death, c'est votre second long-métrage. Pourquoi avoir attendu huit ans avant de revenir à la réalisation ?

Quand j'ai réalisé mon premier film, Gospel Hill, j'ai tellement aimé ça que je pensais que j'allais arrêter d'être acteur. Puis, j'ai essayé de trouver un financement pour mon second film, ce qui a pris du temps. Mais ensuite, par chance, Breaking Bad est arrivé. J'ai refusé trois fois le rôle que me proposait Vince Gilligan avant de dire oui. Et finalement, quand j'ai dit oui cela m'a pris les quatre années suivantes de ma vie. Et après ces quatre ans je n'avais toujours pas l'argent pour mon film et Revolution est arrivé et cela a encore pris deux ans de ma vie donc ça fait déjà six ans ! Et après Revolution, je voulais revenir au cinéma. C'est une vraie aubaine d'être sur le grand écran. Beaucoup d'acteurs qui ont été au cinéma migrent vers le petit écran parce qu'ils n'arrivent pas à gagner leur vie sur le grand écran. Donc après Revolution, quand je n'ai pas pu obtenir de financement pour mon film indépendant, j'ai gagné de l'argent en faisant Le Labyrinthe 2, Money Monster et j'ai fait film après film. J'en ai fait un avec James Franco, je ne sais pas s'il sera distribué un jour : The Long Home. Les films se sont accumulés mais si j'y arrive, je n'attendrais pas de nouveau huit ans pour réaliser un film.

 
0 commentaire - EXCLU - Giancarlo Esposito : "J'ai refusé 3 fois Breaking Bad avant d'accepter"
  • avatar
    [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

avatar
[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]